Je suis né en 1948, à cette époque, il n’y avait que la radio, des postes de radio à lampes, quand on allumait le poste et qu’on cherchait une station, il y avait une lampe verte qui vacillait, le son était en mono, mais bon.
Dans les rues il y avait peu de voitures, j’allais à l’école à pied, environ 800m et on pouvait jouer aux billes dans le caniveau, on y trouvait parfois de l’argent.
Les réfrigérateurs étaient rares et couteux, alors l’été, un homme arrivait avec une carriole tirée par un cheval et nous vendait un pain de glace dans lequel nous mettions nos boissons au frais. Dès que le beau temps arrivait, les gens descendaient leur chaise en bas de l’immeuble et discutaient Les rempailleurs de matelas venaient et les matelas étaient remis à neuf, on entendait le vitrier passer “vitrier, vitrier”, criait-il, ainsi que l’affuteur de couteaux et il y avait aussi les chanteur de rues qui les dimanches matins chantaient sous nos fenêtres dans l’attente d’une pièce.
Il n’y avait pas de grandes surfaces que des petits commerces et quand mes parents invitaient des amis, nous allions prendre l’apéritif au café près de chez nous.
Puis les années 60 sont arrivées, et là les transistors, je me rappelle de notre premier transistor, il est orange et j’étais allé sur le balcon écouté un soir “Tableaux d’expositions” de Moussorgski. Notre voisine avait une télévision et parfois ma mère acceptait que nous allions la regarder, c’était en noir et blanc.
Tant que j’étais scolarisé, mes parents avaient dit qu’il n’y aurait pas de télé à la maison, mais en 1963, j’ai commencé à travailler et il en ont acheté une, ce fut le début de la seconde chaine. la même année mon père s’est acheté sa première voiture, les routes étaient mauvaises, bombées, et l’on mettait des heures pour aller dans la Nièvre, mais c’était bien.
En 1965, je me suis acheté ma première mobylette et j’ai pu sortir avec mes copains, là j’ai senti que je commençais à couper le cordon ombilical.
J’étais allé au Palais de la Découverte voir les essais de télévision en couleur. Tout le monde disait que les couleurs allaient baver de partout, il n’en fut rien. Au début, les postes couleurs était très cher et archi lourds. Dans les années 60, il y a eu aussi les pickup, et les 45 tours, deux chansons par face. Le son nous paraissait bon. Il y a eu aussi les magnétophones, c’était amusant de s’entendre. J’avais aussi une caméra 8mm et un appareil photo tout simple.
Quand je suis parti à l’armée, avec l’argent que j’ai touché, je me suis acheté mon premier reflex, un Icarex 35 Zeiss Icon, un très bon appareil avec une superbe optique.
Il y avait des cinémas dans tous les quartiers, quelques grands cinémas dans lesquels sortaient les films en exclusivité et ceux-ci arrivaient dans les quartiers 3 semaines après. A cettte époque, il y avait les actualités, un documentaire, l’entracte avec parfois des attractions, les gens sortaient fumer pendant celui-ci et le film. Un vrai spectacle.
Quand la télévision s’est démocratisé, les actualités ont disparues des cinémas, puis avec la fermeture des salles de quartier, mais l’ouverture des multiplex, les documentaires eux aussi ont disparus, laissant la place à la publicité.
La société a changée, il y a eu 68, un autre monde, bien différent de celui d’avant. plus de liberté, de permissivité.
Au début des années 80 sont arrivés les magnétoscopes, puis les baladeurs. On a commencé à se refermer sur nous même, écoutant chacun sa musique.
Puis les lesteurs de cd portables et ensuite les MP3.
Dans les années 90, les téléphones portables et internet.
Et comme tout le monde je suis devenu accro, comment ne plus vivre sans internet.
Voyager est devenu plus facile aussi.
Et comme beaucoup je me suis payé mon Iphone et quand je repense à tout cela, je suis émerveillé.
Voir dans son salon, quelqu’un qui vous parle en direct dans un écran, aller au ciné et voir un film en 3D.
Tout ça en 40ans. Pour un jeune de 25a, cela parait normal, mais pour moi qui ait vécu tous ces changements , ces évolutions, j’ai oublié la conquête spatiale, c’est toujours hallucinant.
Et oui, je suis toujours émerveillé….et j’espère l’être longtemps encore!!!